Les pêcheurs mentonnais d’autrefois vérifiaient vraisemblablement l’heure de rentrer au port en la lisant sur le grand cadran solaire mural de la basilique Saint-Michel. C’est par hasard, à l’occasion des travaux de réfection des façades, que l’équipe travaillant sous la direction de Jean-Claude Yarmola, architecte en chef des Monuments historiques, a découvert les traces de ce cadran solaire sur la façade sud de l’église. Il est exceptionnel par sa taille : environ 50 m2, ce qui en fait le plus grand cadran solaire vertical connu à ce jour.
Sa taille hors du commun semble l’avoir destiné à une heure lecture éloignée. En fait, il n’était visible que de la mer. Aujourd’hui, entièrement rénové, on peut le consulter depuis l’esplanade du Bastion. A condition d’en comprendre le mode d’emploi ! Car malgré le explications fournies par les spécialistes, Maurice Marin, docteur ingénieur à l’Observatoire de Nice, et Bertrand Lettré, architecte départemental du Patrimoine la lecture de ce cadran "italique’ qui trouve sa lointaine origine chez les peuples hébreux et chinois, n’est pas à la portée du profane !
Il se consolera de son ignorance en songeant que Goethe lui-même se plaignait de cette difficulté dans son "Voyage en Italie", en 1789 ! A tel point que MM. Marin et Lettré qui ont reconstitué le tracé de ce cadran "italique" lui ont adjoint un cadran "astronomique" classique, d’une lecture beaucoup plus facile !


















