Cette exposition présentera environ 200 pièces (aquarelles, peintures, dessins, lithographies, affiches, livres illustrés et cartes postales) de l’artiste peintre et aquarelliste Ernest Louis Lessieux. Ces œuvres sont pour la plupart issues de prêts particuliers.
Le thème choisi est Menton et les environs. Seront donc exposées : des vues de Menton, de Roquebrune Cap Martin, Monaco, Villefranche, Beaulieu, Antibes...
Cet artiste né à la Rochelle (1848-1925) s’installa à Menton pour des raisons de santé. Séduit par la couleur et la lumière de la région, il fut l’auteur de nombreux paysages reproduisant cette côte méditerranéenne qu’il aima profondément.
Cette manifestation a été organisée sur l’initiative de la Société d’Art et d’Histoire du Mentonnais (S.A.H.M.) (association créée en 1974, avec un millier d’adhérent, organisant des expositions, des conférences et des concerts) et avec sa collaboration.
BIOGRAPHIE
1848 Naissance de Louis-Ernest Lessieux à La Rochelle.
1863 Il travaille dans un atelier de peintre décorateur à Nantes.
1865 Il entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il est l’élève de Maxime Lalanne et de Louis Olivier Merson.
1870 Ernest-Louis Lessieux se porte volontaire aux Armées dans la guerre contre la Prusse.
1871 Il est nommé professeur de dessin au Lycée de Rochefort et conservateur du Musée.
1874 Naissance de son fils Louis Ernest.
1878 A partir de cette date, il expose tous les ans à Paris, au Salon des Artistes Français.
1884-86 Il fait un séjour à Menton pour raison de santé. Lessieux obtient alors un marché auprès de la Compagnie Générale des Transatlantiques, pour laquelle il réalise de classiques « portraits de bateaux », des paquebots en l’occurrence, édités sous forme de cartes postales dès les premières années du siècle. Ces cartes étaient manifestement vendues à bord, car on les trouve expédiées indifféremment du Havre ou de New-York. Il excelle dans la vue extérieure classique, où il intègre un premier plan animé (vues e la côte, scènes à bord d’un autre bateau) d’autres navires en plan moyen.
1897Lessieux se fixe à Menton. Il réside dans la maison Cerutti-Maori, rue de la Marne dont la façade opposée donne sur celle du musée. Il a un atelier Maison Burkhard, face à la Poste (aujourd’hui Caisse d’Epargne).
Il enseigne le dessin notamment dans la colonie anglaise de Menton.
Il acquiert une propriété à l’Ile d’Oléron, La Cotinière, où il retourne régulièrement.
Il fait de nombreux voyages en Espagne, en Italie, au Maroc, des randonnées pédestres qu’il accomplit avec son fils qui est aussi son élève.
1923 Lessieux est honoré du grade d’Officier de l’Instruction Publique.
1925 Ernest Lessieux meurt à Menton le 4 janvier ; il est enterré au Trabuquet.
Le 4 février, son fils inaugure une exposition des œuvres de son père dans la salle de Musique Grenier, 19, avenue Félix Faure à Menton, galerie où il exposait régulièrement comme à l’Association des Amis des Arts de Menton, dont il fut un des promoteurs, puis le vice-président et le doyen. 1926 Le 6 février, Menton inaugure le monument à son « Chantre pictural » : un buste en marbre exécuté par son ami le sculpteur russe Léopold Bernstamm, fut placé dans un square entre le musée et la maison où il vécut.
COLLECTIONS PUBLIQUES
Les œuvres du peintre figurent dans les collections du Musée National des Arts et Traditions populaires et au Musée du Louvre (département des Arts Graphiques), dans les collections des musées de Menton, de La Rochelle et de l’Ile d’Oléron.
OUVRAGES ILLUSTRES
L’œuvre illustré d’Ernest Lessieux paraît très important et assez considérable pour souligner cet aspect particulier. Nous le connaissons d’une manière imparfaite, toutefois nous pouvons dire que l’artiste avait le sens de l’illustration.
Nous présenterons quelques livres dans l’exposition :
Les perles de la Côte d’Azur ou la Rivière du Cap Roux au torrent Saint Louis, par le Général Bourelly et illustré par Ernest Lessieux de 52 dessins à la plume et 18 aquarelles reproduites en couleurs.
Le Poète mentonnais par Magaglyo, édité en 1922, orné de 12 dessins à la plume de l’artiste.
La Ceinture de Vénus, collines et paysages de mon pays par Durandy avec 17 aquarelles d’Ernest Lessieux reproduites en couleur.
Menton, Perle de la France par Ch. Lenthéric, illustré de 3 aquarelles reproduites en couleurs et de 11 aquarelles en sépia.
Lessieux a fait aussi des illustrations pour des opuscules édités par le Syndicat d’Initiative de Menton.
Toutes les aquarelles que Lessieux a conçues pour ces ouvrages sont d’une très grande finesse et d’une très grande qualité.
LESSIEUX ET L’AFFICHE
Ernest-Louis Lessieux réalisa dans son style personnel et limpide, plusieurs affiches à la gloire du pays mentonnais et pour sa promotion.
Parmi ces affiches, il créa celle de « La Pêche aux mulets » représentant un pêcheur curieusement installé sur un trépied surveillant les bancs de poissons qui longent la côte.
Ce thème est l’un de ceux qui l’inspirèrent lorsqu’il faisait travailler ses élèves sur les plages pour leur dispenser son savoir et les secrets de son art. L’exposition présentera aussi deux autres affiches : « Menton et le Cap Martin, la mer, la montagne » et « Menton, Eze, Côte d’Azur ». Ces œuvres mettent l’accent sur la végétation luxuriante propre à Menton. Ce ne sont que grappes de fleurs, de plantes et d’agrumes multicolores qui tombent en cascade depuis les pergolas ou les pins.
Lessieux parle également de « Champs Elysées de Monte Carlo » pour nommer le Cap Martin, associant dans la métaphore la flore et le paradis terrestre (ce qui rejoint la légende d’Eve bannie du Jardin des délices et ayant dérobé un citron qui l’offrit alors au pays le plus beau qu’il lui fût donné de voir et qui s’y installa).
CRITIQUES D’EPOQUE
Le peintre Ernest Lessieux est « le brillant aquarelliste du Royaume du printemps » écrivait en 1913 Gabrielle Reval. On pouvait lire également en 1920 : « L’exposition de M. Lessieux est un poème de grâce et de couleur ».
Extrait de la presse (les Echos) en 1926 lors de l’inauguration du monument Lessieux :
« Lessieux va avoir son buste et c’est justice. C’est un hommage rendu à l’artiste délicat qui, par ses œuvres, a contribué plus que tout autre, à faire connaître, admirer et apprécier notre pays du soleil et de lumière. Lui seul a compris, senti, rendu la pureté de notre ciel, toute la force de notre lumière, tout le coloris chatoyant de nos paysages.
Son art est resté fidèle à la reproduction exacte de nos sites merveilleux, qu’il connaissait si bien et qu’il aimait si fort. C’était un coloriste ardent au style personnel qui peignait comme il voyait. Et il voyait juste. Regardez ses aquarelles aux tons purs et vous conviendrez que sa palette scintille et brille comme notre soleil et que les effets qu’il en tire sont aussi vrais que séduisants.
Quelques-uns ont prétendu que son style s’élargissait au point de faire plus beau que nature. Quelle erreur ! Les aquarelles sont des notations exactes d’impressions vues, vécues et senties. Et c’est pour cela que le coloris resplendit en une apothéose de lumière et de tons éclatants. Tout comme un poète, il a chanté les beautés de Menton et son chant encore sonore, s’en va là-bas, vers ceux qui ne l’avaient jamais entendu. »
CRITIQUE
Extrait du dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur" (Alauzen) - éditions Jeanne Laffitte 1986 :
« Après avoir débuté dans un atelier de peintre décorateur, il entre à l’âge de 15 ans aux Beaux-Arts de Paris. Il y sera d’ailleurs l’élève de Luc Olivier Merson et de Maxime Lalanne... « Ayant connu notre région et principalement Menton pour raisons de santé en 1884, il se fixe définitivement dans la ville précitée, en 1897. Il ouvre alors un atelier de peinture où il enseigne le dessin, notamment dans la colonie anglaise de Menton. Cela ne l’empêche pas de faire de nombreux voyages en Espagne, en Italie et au Maroc, voyages qu’il accomplit avec son fils Ernest Louis Lessieux qui devient son élève et qui produira également des cartes postales illustrées. Le style méditerranéen d’Ernest Lessieux va se confirmer, délaissant complètement sa palette grise et lourde de l’Atlantique »
(J.C. Volpi).
« Lessieux est le peintre de Menton comme Ziem fut celui de Venise et sa palette, tout comme un beau poème, chante la gloire de nos sites enchanteurs, de nos jardins ensoleillés »
(Fornari).


Date(s) : du 7 octobre 2006 au 15 janvier 2007






